Tu fais quoi dans la vie ?

Tu fais quoi dans la vie [comme travail] (tu fais quoi [dans la vie] comme travail ?) ? Il y a deux ans, je vous parlais de cette sempiternelle question dans un de mes articles.


→ « Alors Camille, tu fais quoi dans la vie ? »

→ « Je vais au cinéma, je me balade… »

→ « Ahah, non mais en vrai tu fais quoi dans la vie ? »

→ « Je me lève, je prends mon petit déjeuner… »

→ « Non mais, blagues à part, tu fais quoi comme travail ? »

Et définir ce qu’on fait dans la vie par un travail, qu’on n’a d’ailleurs bien souvent pas vraiment choisi, c’est pas une grosse blague peut-être ?

Chômeur, chômeuse honte à toi qui ne travaille pas ?

À cette époque, j’étais au chômage et cette question avait le don (encore plus que d’habitude ?) de me déranger.

Pourquoi cette question me dérange-t-elle ?

Pourquoi semble-t-elle déranger tant de personnes tout en finissant par être presque inlassablement posée ? Quelle(s) question(s) pourrions-nous poser à la place ?

Pourquoi ce refus d’être défini·e par son travail ? Ou, au contraire, ce besoin de nous identifier par notre travail ? Ne sommes-nous pas ce que nous faisons ? Et le travail n’occupe-t-il pas, dans notre société actuelle, une grande partie de notre temps (à faire) ? Mais est-ce le volume de temps consacré à une activité qui compte ? Quelque chose que nous ferions moins souvent aurait-elle forcément moins d’importance ? Moins de valeur ? Qui tient les comptes ? Contes, de ce que l’on (se) raconte ?

Et qu’est-ce que je répondrais, aujourd’hui, à une personne qui me demanderait « Camille, tu fais quoi dans la vie ? » ?

Ma réponse d’aujourd’hui mais peut-être pas de demain ?

Je crois que je ne sais pas, et que c’est ça qui me rassure finalement. Je ne sais pas ce que j’aurais envie de répondre à une question si courte et pourtant si vaste, et je pense que ma réponse à cette question dépend d’ailleurs des moments.

Car cette question elle ne nous demande pas seulement ce que l’on fait dans la vie. Non, elle nous demande « ce que l’on fait dans la vie », ou en d’autres termes ce que l’on fait de notre vie, car si nous sommes ici pour « ne rien faire » quel pourrait bien en être le sens, de notre vie ? De la vie ?

Nous sommes plus ou moins inconsciemment sommé·es de faire quelque chose, mais pas n’importe quoi. Et c’est peut-être ça qui dérange finalement. C’est trop de pression. Dépression.

Alors ne pas y répondre ou alors répondre en fonction des moments et des situations n’est-ce pas ma manière (une manière ?) de résister ? De me rappeler (se rappeler ?) que l’on n’a pas besoin de livrer « ce que l’on fait de notre vie », toute entière, pour l’être, entière (et entier). Qu’à la première parole, un lien se créera peut-être avec notre interlocuteur·rice ou peut-être pas, que l’on se fera une idée peut-être fausse de nous ou de l’autre et dans tous les cas sûrement partielle et biaisée, que l’on partira peut-être très vite sur un autre sujet comme cette activité (travail ou non) qui nous passionne, ou nous saoule, communément ou sur le sens de cette question digne d’une dissertation de philo.

Car finalement cette question n’est-elle pas, comme beaucoup d’autres, qu’un prétexte de mise en relation à laquelle il ne tient qu’à nous d’y substituer d’autres questions tout aussi philosophiques telles que « tu aimes quoi dans la vie ? », « tu préfères les chips ou les cacahuètes ? » ou encore « dis, c’est quoi ton animal totem (ou ton MBTI) ? »

Et c’est là que certain·es se diront que j’ai quand même un peu esquivé la question. Et je dois dire que ce n’est pas faux. Alors si je devais littéralement répondre à cette question je dirais qu’en ce moment, je passe mon temps à travailler contre rémunération, à écrire sur ce blog, sur instagram, aux gens que j’aime et dans mes petits carnets, à aller au cinéma, à regarder, lire et écouter des histoires, beaucoup d’histoires, et à en raconter parfois, à jouer avec les deux chats (et l’humain aussi un peu chat) qui me font la joie de partager leur territoire avec moi, à essayer de vivre, somme toute, en contant (et en contente ?) mais sans compter.

Et vous, qu’en pensez-vous ?

Quel est votre rapport à cette fameuse question « tu fais quoi dans la vie ? » ? Et quelle est votre réponse ou non-réponse ?


Et si vous avez envie d’entendre d’autres réponses à cette question, je vous conseille le premier épisode d’un podcast qui me parle à chaque épisode (et oui ce n’est pas peu dire 🙃) : Ça me travaille podcast par Célia et Violette, « Épisode 1 – Tu fais quoi dans la vie ? ».


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