Mon arrêt de travail

se prendre un mur

Après moult hésitations, j’ai eu envie de vous partager l’histoire de mon arrêt de travail. Je me cache souvent derrière mes questionnements généraux et mes analyses. J’ai du mal à parler de moi, alors c’est plus facile comme ça. Mais aujourd’hui, impossible d’écrire sur ce sujet, si intime, sans livrer un peu (beaucoup ?) de moi.

Le 6 août 2018, je me retrouve chez le médecin, en larmes. Je ne voulais pas y aller. Je n’étais pas malade. Je n’avais pas mal à la gorge, pas de fièvre, rien de cassé. Qu’est-ce-que je faisais là ? Cela n’avait pas de sens.

La médecin me reçoit. Elle me demande ce qui ne va pas. Et je ne sais pas quoi lui répondre. Je pleure, j’ai mal à la tête, je suis perdue. Je n’ai pas envie d’être là. J’ai envie d’être seule. J’ai envie d’être sous ma couette et qu’on me laisse en paix.

Je finis par réussir à lui expliquer que ça ne va pas. Que ça fait plusieurs semaines que je suis irritable pour un rien. Que je me mets à pleurer sans raison. Que je n’ai plus d’énergie. Qu’un rien me semble une montagne.

Je lui explique qu’à mon boulot, c’est compliqué. On est en sous-effectif et on ne travaille que dans l’urgence. Faute de (prendre le ?) temps, on bâcle tout. Après tout, que vaut la qualité quand on peut avoir la quantité ? On n’a aucune vision à long terme, et j’ai la désagréable impression de passer mon temps à courir après un train, sans jamais réussir à l’attraper.

J’ai essayé d’en parler avec ma responsable. Mais elle me dit qu’elle sait que « c’est la merde, mais que c’est comme ça, on peut rien y faire ». Et elle n’arrive pas à prendre ses responsabilités. Elle a été fraîchement nommée responsable suite au départ de la moitié de l’équipe. Mais elle me répète qu’elle et moi c’est pareil. Qu’on travaille ensemble.

Au début, cette situation me convient bien. J’aime l’autonomie et j’ai du mal avec les rapports hiérarchiques. Et on s’entend très bien. Peut-être trop bien. J’ai tendance à investir affectivement mon travail et j’ai du mal à poser des barrières, notamment dans mes relations avec mes collègues.

Avec le recul, cette relation de travail a été toxique pour moi. Et ce travail a été toxique pour moi. Encore aujourd’hui quand j’y repense, je sens, comme qui dirait, la moutarde qui me monte au nez.

Je suis en colère. En colère contre cette structure et les gens qui y ont travaillé et y travaillent peut être encore. En colère contre moi. En colère de voir que rien ne change. En colère de n’avoir rien pu changer. En colère de voir que je ne suis pas un cas isolé. Ni dans cette structure. Ni ailleurs.

J’ai écrit un long texte sur cette expérience que j’ai enregistré. Je l’ai appelé #Lettre à mon employeur. Vous pouvez l’écouter ici. C’est un texte à chaud que j’ai écrit après avoir signé mes papiers de fin de contrat en février 2019. Il y a un an. Seulement un an. Ou déjà un an, je ne sais pas.

Mais avant de signer ces papiers de fin de contrat, j’ai passé environ 6 mois en arrêt de travail. Et c’est sur ces quelques mois, qui m’ont semblé une éternité, que je voudrais revenir aujourd’hui.

Faire face à la culpabilité de ne pas avoir « tenu le coup » ?

J’avais été « arrêtée » une fois, quelques années plus tôt. J’avais une grosse angine et 40 de fièvre. Si mes souvenirs sont bons, c’est la seule fois que je ne suis pas allée travailler. Et encore, j’ai le vague souvenir d’avoir, malgré tout, traiter mes e-mails, depuis le fin fond de mon lit. Pas (si) facile de déconnecter, n’est-ce pas ?

Alors autant vous dire que sans être « vraiment » malade cette fois, j’ai eu du mal à accepter le fait d’être arrêtée. Je savais au fond de moi que j’étais à bout. Mais je n’arrivais pas à taire cette petite voix qui me disait que j’étais nulle, que c’était n’importe quoi, que je pétais un câble toute seule, que j’étais paresseuse, que je n’étais pas (assez) solide.

Je culpabilisais de laisser tomber ma responsable/collègue. Je pensais à tout le boulot qu’il y avait à faire. Tout le boulot qu’on n’arrivait déjà pas à faire à deux et qu’elle allait se retrouver à gérer seule. Pendant que moi, j’étais tranquillou chez moi aux frais de la sécu. Quelle paresseuse. Une vraie assistée.

Je culpabilisais d’autant plus qu’une partie de moi me disait que la bonne décision aurait été de démissionner. Le jour où j’avais craqué « ouvertement » à mon travail, ma responsable/collègue m’avait dit qu’elle comprenait. Qu’elle pensait les mêmes choses que moi sur cette structure. Car mon problème n’était pas seulement la charge de travail, c’était un problème structurel.

Avec le recul, je pense que je me suis faite manipulée. Je ne sais pas si c’était conscient ou inconscient de sa part. Et je ne le saurais probablement jamais puisqu’à partir du moment où j’ai été en arrêt, je n’ai plus eu aucun contact avec elle. J’ai essayé de la recontacter mais elle ne m’a jamais répondu.

J’ai longtemps essayé de la comprendre, de faire des hypothèses. Peut-être s’était-elle sentie trahie ? S’était-elle retrouvée prise au milieu de cette situation ? Coincée par la direction ? Qu’elle avait simplement sauvé sa peau ? Et puis, j’ai fini par accepter que, sans explications de sa part, je ne saurai jamais le fin mot de cette histoire.

C’était une situation difficile pour moi car je n’aime pas « ne pas savoir ». Et, qui aime ça, d’ailleurs ? Alors, c’est un chapitre de ma vie que j’ai dû accepter de clôturer sans avoir toutes les réponses. Parfois, ça me démange et je me re-retourne le cerveau avec mille et un scénarios possibles et inimaginables. Et puis, ça passe. Et j’ai l’impression que ça revient de moins en moins.

À un moment, mon imagination me jouait des tours et je pensais apercevoir son visage dans la foule. Et ça me terrorisait. J’avais peur de tomber sur elle, par hasard, au détour d’une rue. Et en même temps, j’en avais envie car je me disais que ça aurait pu crever l’abcès.

Je lui en veux car, quand j’ai « craqué », elle est allée dans mon sens. Elle m’a dit que je n’étais pas la première, que beaucoup de personnes partaient, que c’était horrible ici, qu’elle aussi voulait partir. Elle m’a également « annoncé » que, de toute façon, elle allait bientôt partir pour un autre boulot, que c’était imminent mais qu’il fallait que je ne le dise à personne.

Elle m’a demandé si je voulais démissionner. Qu’elle comprendrait si c’était le cas. Que depuis quelques semaines, j’étais moins « engagée ». Que mon travail en pâtissait. Et que ça se voyait que je n’étais pas « heureuse ».

Et elle me comprenait vu qu’elle non plus n’aimait pas cette structure. Que j’avais raison dans tous les dysfonctionnements que je pointais. Qu’elle avait essayé de changer les choses. Que d’autres avaient essayé. Mais que c’était peine perdue.

Alors je me suis dit qu’elle avait raison, que le meilleur pour moi c’était de démissionner. J’étais prête à signer ma démission. Elle m’a emmenée au service des ressources humaines. Le RH m’a dit qu’elle lui avait déjà tout expliqué. Que vu mon état (j’étais en pleurs), il n’allait pas me demander de tout lui ré-expliquer. Que je pouvais signer, qu’ils allaient se débrouiller même s’ils étaient déjà en sous-effectif. Que le plus important c’était ma santé. C’était moi. « Les ressources humaines avec un grand H ». L’humain au coeur du travail. Et moi, j’ai tout gobé.

Ou presque. Dans ma crise de nerfs, j’ai réussi à avoir un dernier moment de lucidité. En demandant des précisions sur les modalités de fin de contrat, j’ai ressenti, de leur part, un trop grand empressement à me faire signer, sans m’expliquer. Et là, j’ai senti comme un malaise. J’ai réussi à dire que j’étais à bout et que j’avais besoin de rentrer chez moi. Ils ont essayé de me convaincre de signer et de revenir lundi pour qu’ils m’expliquent les dernières modalités.

Je ne sais pas s’ils ont vraiment cru que j’allais signer quelque chose sans en comprendre les tenants et les aboutissants. Ok, j’étais jeune. Ok, j’étais en pleine crise de larmes. Ok, j’étais vulnérable. Bande de ***. Heureusement, je n’ai rien signé. J’ai pris mes cliques et mes claques et je suis partie.

Et ils m’ont laissé partir comme ça. Personne n’a proposé que je me calme un instant. Personne n’a proposé de me raccompagner au métro. De m’appeler un taxi. Personne ne m’a dit qu’il y avait une infirmerie dans le bâtiment d’à côté.

Et au delà de cela, personne ne m’a dit que c’était normal de craquer. Que ça pouvait arriver à tout le monde. Que je pouvais prendre quelques jours de vacances. Qu’il ne fallait pas prendre une décision telle que démissionner sur un coup de tête, en pleine crise de larmes. Non, j’étais passée de l’employée modèle, toujours souriante, qui ne compte pas ses heures, prête à rendre service au maillon faible à abattre.

Il faut dire que je n’étais pas la première dans cette structure. Tout le monde s’accordait à dire que ça n’allait pas. Peu de personnes restaient plus d’un an. Plusieurs personnes avaient été arrêtées. Mais c’était tabou. Personne n’en parlait. Ou bien, on déplaçait le problème : untel avait des problèmes personnels, unetelle ne supportait pas la pression, untel était une « erreur de casting », untel était un peu paresseux, unetelle n’avait pas réussi à s’adapter à la « culture de l’entreprise », etc.

Dans les bons jours, je me répétais tout ça. Je m’efforçais de rationaliser la situation. Je me disais que j’avais de bonnes raisons d’avoir craqué. Car on ne peut pas craquer sans raison. Ce serait être faible. Et je refusais d’être (vue comme) faible. Déjà qu’on me reproche souvent d’être trop sensible, de prendre les choses trop à coeur, alors j’avais besoin de me rassurer en me disant que non, ce n’était pas moi qui était trop sensible, ce n’était pas moi le problème. Pas cette fois.

Et puis, dans les mauvais jours, c’était l’auto-flagellation décomplexée. J’étais une merde. Ils m’avaient tous et toutes vu pleurer comme une merde. Péter un câble. J’oserai jamais y retourner. Et puis de toute façon, ils ne veulent pas de moi. Ils voulaient que je démissionne. Ils étaient en sous-effectif et, malgré ça, ils préféraient que je parte. C’est pas peu dire. Et j’ai plein de collègues qui y travaillent encore. Malgré la pression. Malgré la mauvaise ambiance. Malgré la charge de travail. Alors pourquoi moi je n’ai pas tenu le coup ? Le problème, c’est moi ?

Faire face à la honte d’être « arrêtée » ?

À la culpabilité de ne pas avoir tenu le coup s’est vite ajoutée la honte d’être « arrêtée ». Vous connaissez peut-être la honte d’être au chômage. Car sans travail, on n’est rien, n’est-ce pas ? Et bien, personnellement, j’ai encore plus mal vécu le fait d’être en arrêt de travail.

J’aurai peut-être mieux vécu cette situation si j’avais eu un problème physique. Imaginons que je me sois pétée le bras et que je ne puisse plus ni écrire, ni taper sur un clavier. Je ne suis plus en capacité (physique) d’effectuer les tâches quotidiennes que requière mon travail. Je suis donc arrêtée le temps de ma convalescence. Je peux imaginer que c’est frustrant. Que cela peut même être culpabilisant, par exemple si on sait que ce sont nos collègues qui ont récupéré notre charge de travail.

Mais on a « une bonne raison » d’être arrêté·e. C’est visible. C’est compréhensible. C’est pas de chance. Alors qu’un burn out, c’est dans la tête. Et qu’est-ce que ça veut dire d’ailleurs un burn out ? Un burn out, aussi connu en français sous le terme d’épuisement professionnel se caractérise, d’après l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), par « un sentiment de fatigue intense, de perte de contrôle et d’incapacité à aboutir à des résultats concrets au travail ».

« Moi aussi, je suis claqué·e en ce moment ». « Je suis quasi en burn out », me diront certain·es. « Le burn out, c’est vraiment un phénomène de mode », me diront d’autres. Et bien, non, on n’est pas quasi en burn out, tout comme on n’a pas quasi une jambe cassée. Et si le burn out est une mode et bien j’aurais préféré être ringarde alors.

« Ah ouais, 6 mois d’arrêt quand même, ça t’aura pris du temps à t’en remettre ». « Et t’avais travaillé pour cette structure seulement 6 mois, t’as craqué vite, ça semble fou ». « Pourquoi t’as pas repris un autre boulot ? ». « Quand on tombe, le tout c’est de se relever, rapidement ». « Non mais tes autres boulots ça s’était bien passé, y a pas de raison que ça se repasse mal ». « Prends sur toi, et puis le monde du travail c’est un monde de requins, faudrait t’endurcir un peu si tu veux pas te faire bouffer tout cru ». « Mais tu fais quoi de tes journées en fait ? ». « Allez, faut pas se laisser aller, bouge-toi un peu ». « Envoie des candidatures ».

J’ai essayé de me bouger. D’arrêter de ressasser. De passer à autre chose. De lâcher l’affaire. De ne pas passer mes journées à dormir. J’ai essayé de trouver un autre boulot. J’en rêvais. J’imaginais le jour où je serai prise ailleurs et que je pourrais donc envoyer balader mon futur ex-employeur. Mais ce n’est jamais arrivé.

J’ai envoyé quelques candidatures. Mais je n’ai passé aucun entretien. Et à vrai dire, heureusement. À ce moment là, je ne pouvais même pas citer le nom de cette structure sans me mettre à pleurer. Je n’avais plus aucune confiance en moi.

J’avais toujours occupé des postes dans lesquels je devais faire face à des deadlines serrées. Et qui dit deadlines serrées dit stress assuré. Cela ne m’avait pourtant jamais fait peur. Et là, voilà que je paniquais quand je lisais une offre d’emploi contenant des phrases du type « savoir gérer des deadlines », ou encore « résister au stress ». Moi ? Non, je n’en étais pas (plus ?) capable.

Alors je me limitais, je me dévalorisais, je m’auto-censurais. Et plus les mois passaient, plus ma confiance en moi diminuait. Trouver un nouveau travail me semblait insurmontable. J’avais peur de re-craquer. De ne pas tenir le rythme. D’être incompétente. Et si je re-craquais, cela confirmerait que le problème venait de moi. Que je n’étais pas assez forte.

Pourtant, les entretiens ne m’avaient jamais fait peur. Je faisais partie des (rares ?) personnes qui aimaient passer des entretiens. Oui, oui, cela existe. Je trouvais passionnant de rencontrer des structures, d’en apprendre davantage sur leur missions. C’était la phase « premier(s) rendez-vous ». Vous savez ce moment où on a tout à découvrir de l’autre et où chacun·e est galvanisé·e par l’idée de se montrer sous son meilleur jour.

Et pourtant, pendant mon arrêt, les entretiens ne m’enthousiasmaient plus du tout. Ils me terrifiaient. Dans mon entourage, on essayait de me rassurer. On me disait que je n’étais pas obligé de parler de mon burn out, de dire que j’étais en arrêt. Car bon, il faut l’avouer, ce n’était pas hyper vendeur.

Et je suis d’accord avec cela. On n’est pas obligé de tout dire. Mais à ce moment là, cela ne faisait que renforcer mon sentiment de honte. Passer sous silence mon burn out revenait à confirmer que c’était quelque chose à cacher, quelque chose de honteux.

Alors, cela me paniquait. Le dire ? Ne pas le dire ? Surtout, ne pas pleurer quand je vais devoir citer cette structure. Car, en général, on parle de nos expériences professionnelles en entretien, et notamment des plus récentes. Je ne voyais pas comment ne pas en parler.

Finalement, mon CDD est arrivé à sa fin, et avec lui mon arrêt maladie. J’étais officiellement au chômage. Si j’avais su qu’un jour je me sentirais soulagée d’être au chômage. Je me sentais libre. Plus aucun contrat ne me rattachait à eux. Je n’avais plus à « pointer chez le médecin » chaque mois. À envoyer une copie de mon arrêt maladie à mon employeur. Arrêt maladie, qui, à chaque renouvellement, me rappelait que je n’allais pas mieux.

Je me suis sentie délivrée. Et j’étais fière d’avoir, après plusieurs revirements, eu le courage de retourner sur ce lieu de travail, haïs. Mais, passé ce moment d’euphorie, j’ai réalisé que ma situation restait inchangée. Je n’avais toujours pas de travail. Et je ne me sentais toujours pas capable de retourner travailler.

Et au delà de ma capacité à re-travailler, je me sentais perdue. Ce travail, je l’avais énormément investi. Pour la première fois, je bossais dans une structure qui menait des projets sociaux. Des projets qui avaient du sens pour moi. J’étais tellement heureuse. Et l’envers du décor m’a dégoûtée. Je reviendrais sûrement sur ce sujet dans un prochain article tant j’ai de choses à dire à ce propos.

Qu’est-ce que j’ai donc fait ensuite, vous demandez-vous sûrement. Et bien, j’ai commencé une formation. Et je ne l’ai pas regretté. J’ai décidé que cela ne servait à rien de chercher un travail à tout prix. J’avais déjà passé plusieurs mois au fond du trou. Envoyer des candidatures dans le stress, la honte, la culpabilité. Dans l’espoir ou plutôt le désespoir qu’on daigne (enfin ?) m’accorder un entretien. Et que je le foire vu mon état d’esprit. Non merci.

Il fallait que je me sorte de cette saloperie de cercle vicieux. Et cela m’a plutôt bien réussie. J’ai suivi une formation de développement web pendant 4 mois. J’ai retrouvé le plaisir d’apprendre. D’être stimulée. J’ai repris confiance en moi. En mes capacités. Après tout si je commençais à comprendre ce qui, à mon premier jour de cours, ressemblait à du chinois pour moi, y avait encore de l’espoir, non ?

À l’issue de cette formation, j’ai trouvé du travail. Et surtout j’ai ré-abordé la recherche d’emploi avec confiance. Je ne vais pas dire que mon burn out a changé ma vie. Que c’était un mal pour un bien. Je me souviens quand je suis allée signer mes papiers de fin de contrat, le RH m’a dit qu’au final il était sûr que j’allais « ressortir de cette expérience plus forte ».

J’ai cru que j’allais lui en coller une. Déjà, ce n’était pas une expérience, c’était un cauchemar. Et j’allais pas le laisser / laisser cette structure s’approprier une part de la force (supposée) dont je pourrais faire preuve par la suite. Ça non, c’était hors de question.

Et vous, avez-vous déjà fait un burn out ? Avez-vous déjà été en arrêt de travail à cause de cela, ou d’autre chose ? Comment l’avez-vous vécu ?

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Parce que c’est important d’en parler

Lorsque j’ai été arrêtée, j’ai été suivie par un médecin et par un psychiatre. C’était la première fois que je consultais un psy. J’étais réfractaire à cette idée et avec le recul j’en garde un souvenir mitigé. Si cela vous intéresse, je reviendrai peut être plus en détails dessus dans un prochain article. Mais ce qui est certain c’est que j’avais besoin d’en parler. C’est important de ne pas s’isoler. Je sais qu’on peut vite se sentir incompris·e, qu’on n’ose pas forcément « charger » nos proches de nos problèmes, qu’on peut se sentir coupable et honteux·euse. Mais un arrêt de travail n’est jamais une marque de faiblesse. Ce n’est pas non plus une fatalité. Le vent tourne. Le temps fait son travail.

Il existe de nombreuses ressources sur internet sur le burn out, et de plus en plus de personnes ont le courage de prendre la parole à ce sujet. Je pense notamment à l’association Souffrance & Travail qui fait un travail formidable, en ligne et sur le terrain. Je pense également au site TravailEcoute sur lequel chacun·e peut témoigner, de manière anonyme. Personnellement, j’ai dévoré ce site qui regorge de témoignages qui font se sentir moins seul·e. J’avais d’ailleurs moi même témoigné (et je peux t’assurer que ça fait un bien fou de vider son sac), si tu veux retrouver ce témoignage c’est par ici.


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5 Replies to “Mon arrêt de travail”

  1. Camille, merci infiniment pour cet article.
    Du début à la fin, je n’ai pu détacher mes yeux de ces lignes… toutes les émotions y transparaissent, colère, abattement, colère encore, tristesse, espoir.
    On se pose la question d’un phénomène de mode, au fond on sait que ce mal être au travail a toujours existé. Que les paroles se libèrent est un espoir alors merci!
    Merci aussi pour les ressources, c’est important!!

    Et j’avais une petite question plus concrète. Conseillerais tu de parler aux entretiens postérieurs au burn out de parler de ce vécu ? Ou de l’évoquer seulement si les recruteurs en parlent?

    A tres vite de te lire !

    1. Salut Blandine,

      Whaou, merci pour tes mots <3 Et en plus une petite question et tu sais que j'adore les questions 😉

      Je me suis longtemps demandée si je devais en parler en entretien. Pour le moment, je ne l'ai jamais fait mais je n'ai passé qu'un entretien depuis cette dernière expérience alors ce n'est peut être pas très représentatif. Je pense que ça dépend vraiment du déroulé de l'entretien et du "feeling" avec les personnes qui se trouvent en face.

      Si je me mets dans la peau d'un·e recruteur·euse, je trouverais cela intéressant que les candidat·es évoquent leurs difficultés rencontrées (car on en rencontre tous et toutes, il faut bien se le dire). Et pour moi ce ne serait pas un frein à l'embauche si la personne me racontait qu'elle avait fait un burn out (mais c'est un avis très personnel que d'autres ne partagent pas nécessairement).

      Au final, je pense que je ne clamerai pas mon burn out haut et fort à chaque entretien. Ce n'est pas quelque chose que je revendique. Mais je n'ai (plus) aucune honte à en parler et ça ça fait du bien. Et je pense que ça peut déboucher sur des discussions intéressantes, que ce soit en entretien ou dans la "vraie vie".

  2. Camille
    Ta lettre m’a fait mal mal aux tripes !
    Nous parents que souhaitons nous pour nos enfants ? Pourquoi avons nous des enfants ?
    On a eu beau vous répéter « le plus important est de faire un métier qui vous plaît, soyez boulanger, infirmier, artiste… ce que vous voudrez mais choisissez un métier où vous serez heureux comme moi, toute ma vie durante, le matin de vous lever pour rejoindre votre poste !!!
    On a bien raté notre boulot de parents avec toi ma Camille !!!!
    Et pourtant je suis fière de toi toi qui souffres et qui te bats pour tes idées !
    Qui peut dire qu’il s’épanouit dans son travail ?
    Pourquoi le lundi est le jour détesté de 3/4 des français ?
    Va ma fille suit ton instinct trace ton chemin et n’oublie pas nous tes parents nous sommes là nous t’aimons et tu peux compter sur nous !

    1. Ce n’est pas rater son boulot de parents que d’avoir des enfants qui un jour souffriront au travail ou ailleurs d’ailleurs, c’est juste la vie ❤️ Et c’est important je pense de répéter à ses enfants, ses ami·es et même tous ceux et celles qu’on croisera qu’un travail ne mérite pas qu’on se fasse du mal (même si ce n’est pas forcément la joie tous les jours, l’important c’est de savoir pourquoi (et pour quoi) on se lève le matin et c’est chouette d’entendre des personnes qui, comme toi ont été / sont heureuses dans leur travail, car oui ça existe aussi !). Et de se soutenir comme on peut, de se battre comme on peut, pour que de plus en plus de personnes puissent faire un travail qui a du sens, dans un environnement épanouissant, et dont ils et elles seraient fières. Allez, au travail 😉

      1. Hihihi

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