Congé menstruel, une bonne idée mais ?

femme pointée du doigt

Aujourd’hui, j’ai mes règles et je travaille. Quand j’ai mes règles, je travaille. Quand je travaille, j’ai mes règles. C’est normal. Normal en France. Normal pour moi. 

Et puis un jour, j’ai entendu parler de l’idée d’un « congé menstruel ». Un congé, quoi ? Un congé menstruel. Un congé pendant les règles. J’ai donc commencé à me renseigner sur cette question, à sonder les personnes autour de moi. Et, ce que j’ai le plus souvent entendu ou lu, c’était : « le congé menstruel, c’est une bonne idée, mais… ». Car il y a toujours un « mais », n’est-ce pas ? 

Avant d’entrer dans le vif du « mais », je vous propose un peu d’histoire. Et pour ceux et celles qui connaîtraient déjà tout des règles, des congés menstruels et autres réjouissances, bravo vous pouvez sauter au chapitre suivant sans passer par la case introduction menstruelle 🙂

Les règles, apparaissant chez la femme à la puberté, désignent « les pertes de sang correspondant à l’élimination spontanée de la muqueuse utérine qui se forme à chaque ovulation pour recevoir un éventuel ovule fécondé ». Selon les personnes, elles peuvent être plus ou moins longues, abondantes et douloureuses. Les règles ont été et sont toujours entourées d’un certain tabou, variant en fonction des époques et des lieux.

Le premier pays à avoir instauré un congé menstruel est le Japon, en 1947. Cinq autres pays, majoritairement en Asie, l’ont mis en place depuis : Indonésie (1948), Corée du Sud (2001), Philippines, Taïwan (2013) et Zambie (2015). 

Selon ces pays, son application diffère. Au Japon, ce sont les entreprises qui déterminent la durée autorisée du congé ainsi que sa rémunération ou non-rémunération. En Corée du Sud, la durée est fixée à deux jours mais les femmes reçoivent une prime si elles décident de ne pas l’utiliser. Aux Philipines, les femmes qui choisissent de s’arrêter pendant leurs règles voient leur salaire automatiquement amputé de moitié. En Zambie, les femmes peuvent en bénéficier sur simple demande tandis que les entreprises qui refuseraient s’exposeraient à une amende, amende qui dans les faits est rarement appliquée.

Ainsi, il semblerait qu’entre ces différentes modalités d’application bien souvent peu encourageantes à accéder à un droit qui a pourtant été entériné, couplées à la honte et au tabou que représentent (encore !) les règles ainsi qu’à la pression sociale découlant du travail et de la performance, le congé menstruel soit peu appliqué dans les faits.

En France, la question du congé menstruel fait débat mais n’a jamais été considérée à l’Assemblée nationale, contrairement à son voisin italien qui aura au moins eu le mérite d’en débattre au Parlement en 2017, par exemple. Pourquoi ?

Pourquoi cette question fait tant débat en France sans être pour autant réellement débattue ? Pourquoi certain·es voient rouge (sans mauvais jeu de mots) à la simple énonciation d’un potentiel congé menstruel ? Pourquoi nombreux sont celles et ceux qui s’accordent à dire que « c’est une bonne idée mais… ». Pourquoi rares sont ceux et celles qui défendent ce congé sans immédiatement y accoler une objection ? Pourquoi ce congé ne s’inscrit-il pas dans les luttes féministes et est même considéré par certain·es comme étant, au contraire, anti-féministe ? Quels sont les différents arguments opposés à l’éventuel mise en place d’un tel congé ?

Pourquoi c’est « une bonne idée mais… » ?

Le congé menstruel est « une bonne idée mais… ». Quels sont ces « mais » si souvent répétés ? Brandis ? J’ai choisis d’en regrouper quatre qui me semblaient être les principaux points d’opposition à l’encontre, en France, de ce fameux « congé menstruel ».

Mais, c’est discriminant pour les hommes ?

Pourquoi les femmes auraient-elles droit à des congés auxquels les hommes n’auraient, eux, pas accès ? Oui, pourquoi ? Ce n’est pas égalitaire. Ce n’est pas juste. 

Avec ce congé, les femmes pourraient, à priori, travailler de 1 à 3 jours de moins par mois. Et pourquoi pas les hommes ? Et pourquoi les femmes ne prennent-elles pas ces jours sur leurs congés ? Le droit du travail français prévoit « déjà » cinq semaines de congés payés. À cela peut venir s’ajouter les RTT dans certains cas [nda : « les RTT (réduction du temps de travail) ne sont pas des congés payés mais des jours de repos payés de récupération des heures de travail effectuées entre 35 heures (durée légale du travail) et 39 heures par semaine »]. C’est bien suffisant, non ? On ne va pas « encore » venir en ajouter ? Et sûrement pas que pour les femmes, si ? 

Et bien, non, déjà, ce ne serait pas toujours suffisant puisque cinq semaines de congés payés équivalent à 25 jours contre 12 à 36 jours de congés menstruels potentiellement pris (donnés ?). Et puis, ne pas pouvoir venir travailler à cause de ses règles ne rime pas avec glander chez soi ou partir se dorer la pilule sur une plage des Bahamas. Ce n’est pas des vacances. Ce n’est pas un plaisir. 

Oui, mais… Malgré tout, cela serait discriminant. Cela serait une discrimination envers les hommes. Une discrimination, vraiment ? Une discrimination est le « fait de distinguer et de traiter différemment (le plus souvent plus mal) quelqu’un ou un groupe par rapport au reste de la collectivité ou par rapport à une autre personne ». Or, ici on ne traite pas le « groupe des femmes » différemment du « groupe des hommes », si ? Il ne s’agit pas d’une discrimination sexiste puisque l’inégalité de traitement n’est pas caractérisé par une distinction sexuée, si ? 

Le congé menstruel n’a pas vocation à « offrir » un congé de quelques jours, chaque mois, à chaque femme sous prétexte qu’elle a ses règles. Non, le congé menstruel permettrait aux femmes qui ne sont pas en capacité de travailler pendant leurs règles de pouvoir arrêter de faire acte de présentéisme ou de devoir prétexter une souffrance moins honteuse que celle des règles pour ne pas venir travailler. 

Ainsi peut-on réellement parler de discrimination pour les hommes ? Les congés à la naissance d’un enfant par exemple ne sont-ils pas bien plus discriminants ? Le congé maternel est fixé à 16 semaines en France contre 11 jours pour le congé paternel ? Pourquoi ? Pourquoi cette distinction de nom ? De durée ? De droit ? Pourquoi les premiers hommes à s’offusquer d’un potentiel congé menstruel sont bien souvent ceux qui ont laissé leurs femmes s’occuper d’un bébé qu’ils ont pourtant été deux à désirer et à concevoir ? Pourquoi ne s’offusquent-ils pas également de ces « jours de congés », exclusivement, inégalitairement, injustement, accessibles aux femmes et aux femmes seulement ? 

« Le congé menstruel c’est discriminant pour les hommes, quand même, mais on ne dit pas ça que pour nous, non, on pense aux femmes aussi qui vont être discriminées par ce congé ». Qui vont être discriminées par ce congé ? Ou qui risqueraient d’être discriminées à cause de ce congé ? Car ce n’est pas exactement la même chose, il me semble.

Mais, c’est discriminant pour les femmes ? 

Les femmes seraient discriminées, à coup sûr, par une mesure telle que le congé menstruel. C’est un signe de faiblesse. Et même un aveu de faiblesse de ce sexe qui porterait donc bien son nom. Acter un congé menstruel c’est acter qu’une femme n’est pas capable de travailler pendant ces règles, contrairement aux hommes qui n’en ont pas. C’est revenir des décennies en arrière. Le congé menstruel, c’est un congé rétrograde. Paternaliste. Cela reviendrait à dire qu’il faut protéger les femmes, ces pauvres êtres si fragiles. 

Et puis, ce serait accorder du crédit à toutes les petites remarques bien sympathiques que peuvent recevoir les femmes quand elles ont leurs règles. Car il faut avouer que certains et même parfois certaines s’en donnent à coeur joie. « Qu’est-ce qu’elle est chiante aujourd’hui, elle doit être dans la mauvaise période du mois ». « Olalala Madame est susceptible, les anglais ont débarqués, on dirait » . « Elle a mauvaise mine aujourd’hui, ça doit être ses ragnagnas ». « Elle n’arrête pas de grignoter, ça doit être ses règles ». Ah ah ah, on rigole tous. Mais pas toutes ? Ah bon ? 

Alors non, vraiment, un congé menstruel ne ferait que renforcer les moqueries et les discriminations que subissent déjà nombre de femmes au quotidien. Moqueries et discriminations qui ont pourtant diminuées. Grâce aux femmes qui se sont battues. Aux femmes fortes. Et une femme qui souffre pendant ses règles ne peut pas être forte ? Et oui, le congé menstruel est le problème, n’est-ce pas ? Rien à voir avec le manque d’éducation ? Le patriarcat ? La misogynie ?

Non, mais objectivement un·e patron·ne, entre une femme qui pourrait s’absenter de 1 à 3 jours par mois, c’est à dire d’environ 12 à 36 jours par an et un homme qui n’a pas ses règles, il ou elle va choisir qui à ton avis ? Celui sur qui il ou elle pourrait compter chaque jour du mois ou celle qui devrait mens(tr)uellement « prendre une pause » ? Un congé menstruel, c’est un frein de plus au recrutement des femmes. C’est une raison de plus pour les payer moins que leurs collaborateurs à pénis. Et une raison objective, après tout, puisqu’une femme prendrait potentiellement plus de congés. Et donc travaillerait moins. Puisque c’est le présentéisme qui est gage de notre travail, n’est-ce pas ? 

Et une fois embauchée (si peu qu’elle le soit), cela risque de poser des problèmes en termes d’organisation, et vis à vis des autres collègues aussi. Comment expliquer ce « traitement de faveur » ? À long terme, cela risque de se retourner contre les femmes qui prendraient (oseraient prendre ?) ce congé menstruel, alors à quoi bon ? 

Mais, c’est tabou ? 

Et quelle femme a envie de parler de ses règles à la structure qui l’emploie ? Et quand on y réfléchit bien, à qui que ce soit ? Les règles, c’est gênant. C’est honteux. Secret. Tabou. C’est un signe de faiblesse d’un corps qui ne sait pas (se) retenir. (Se) contenir. (Se) tenir. 

On ne parle pas de ses règles, c’est la règle. Ce qui n’est pas dit n’existe pas, non ? On s’assure de ne rien laisser paraître. Transparaître. Pas une tâche. Pas une pause toilette trop longue. Pas une grimace de douleur. Pas de fatigue. Pas d’irritabilité. Car non, la douleur ne fatigue pas. La douleur n’irrite pas. Double peine. Charge mentale. Et alors ? 

Un congé menstruel, ça parle de règles. Les règles, c’est tabou. Et un tabou, on n’en parle pas. Par honte. Par peur Par injonction. Par norme. Par habitude. Pourquoi ? 

On ne va pas faire de congé menstruel car ça « violerait » l’intimité des femmes. Quelle femme aurait envie de parler de ses règles, de son intimité, et ce faisant de se mettre à nu devant son patron ou sa patronne ? Quel(le) viol(ence). Et on prend très au sérieux ce qui pourrait viol(ent)er l’intimité des femmes. Contrairement à ceux, paradoxalement. Ou patriarcalement ?

Alors pour éviter un tabou, on y reste, justement. Ou injustement. Et c’est l’histoire sans fin du serpent qui se mord la queue. 

Mais, quid de l’application ? 

Une fois passée les oppositions d’ordres philosophique ou morale, l’opposition qui tue c’est le « mais » de l’application. En général, ce type d’opposition arrive en dernier pour parachever une démonstration. Au cas où les arguments précédents n’aient pas entièrement convaincus, rien de mieux que d’expliquer que, quelque chose est bien beau en théorie mais qu’en pratique, c’est tout autre chose. Ce qui serait trop compliqué à appliquer ne serait donc pas applicable. Bien pratique, effectivement, n’est-ce pas ?

Ainsi, le congé menstruel c’est bien beau mais… Oui, toujours ce fameux mais. Mais, sous quels critères allons-nous caractériser le congé menstruel ? Mais, à partir de quel seuil de douleur jugera-t-on qu’une femme pourrait prendre un congé menstruel ? Mais comment évaluera-t-on ces différents seuils de douleur ? Mais, sur quelle durée va-t-on établir la durée du congé sachant que les femmes n’ont pas toutes la même durée de cycle ? Mais, comment le congé sera-t-il validé ? L’employée devra-t-elle présenter un certificat médical ? Tous les mois ? De manière annuelle ? Dans ce cas, quid de la confidentialité de la santé d’une employée ? Mais, par qui seront financés ces congés ? Par l’entreprise ? Par la sécurité sociale ? Par l’employée ? 

Alors oui cela soulève pas mal de questions, je suis d’accord. Des questions sur lesquelles il faudrait réfléchir collectivement. Des questions sur lesquelles tout le monde ne sera sûrement pas d’accord. Et de toute manière, on se retrouve rarement tous et toutes d’accord, si ? Le plus important n’est-il pas d’être d’accord sur l’essentiel ? De faire des compromis sans se compromettre ? De discuter ? D’essayer de trouver des propositions ? D’y réfléchir, tout simplement. 

Pourquoi à l’énoncé de ces questions, la plupart des réactions que j’ai lues et entendues ont été de s’arrêter là ? Question(s) trop compliquée(s). Fin de l’histoire. On passe à autre chose. 

Qui a dit qu’un droit était facile à définir ? Qui a dit qu’un droit était facile à appliquer ? Qui a dit qu’un droit était facilement accepté et appliqué par tous et toutes ? Qui a dit qu’un droit était figé et n’évoluerait pas avec le temps ? 

Mais pourquoi tous ces mais ?

J’ai l’impression qu’il y aura toujours des mais. Qu’il y a toujours un mais. Et bien souvent ces « mais » sont de fausses excuses. Des excuses pour ne pas faire. Pour ne pas essayer. Pour ne même pas avoir à y penser. Des excuses qu’on se donne à soi même. Ou aux autres. Pour se rassurer. Ou au contraire se faire peur. Car, quand on a peur de ce qui n’est pas encore arrivé, on finit rassuré·e que cela ne soit pas arrivé. Et la boucle est bouclée. 

Mais, finalement, les « mais » sont-ils le(s) problème(s) ? Le congé menstruel est-il le problème ? Devrait-on enterrer une bonne fois pour toute ce sujet discriminant pour les hommes, discriminant pour les femmes, stigmatisant, tabou, (trop) personnel, (trop) intime, et de toute manière pas applicable ?

Pourquoi un problème qui, après tout, ne concerne que les femmes serait une question de société ? Pourquoi un sujet intime serait étalé sur la place publique ? « Le corps (des femmes) est intime, il n’est pas politique ». « Le corps (des femmes) est tabou, on n’en discute pas publiquement ».

Pourtant, est-ce seulement une question de femme(s) ? Une question de « ragnagnas ». Oui les règles sont taboues et le terme de ragnanas est tellement plus poétique, n’est-ce pas ? N’est-ce pas une question de société ?

Une question de comment on traite la douleur. Une question de comment on traite ceux et celles qui souffrent. Ceux et celles qui, à un moment, ne pourraient plus travailler. Ceux et celles qui auraient besoin, à un moment, de se reposer. Ceux et celles qui devraient, à un moment, s’arrêter.

Car s’arrêter, c’est tabou. S’arrêter, c’est une honte. S’arrêter, c’est se rendre coupable.

Coupable de ne pas être capable de travailler. Et donc coupable de ne pas vouloir travailler. Car quand on veut on peut, il paraît.

À en écouter certain·es, quand on ne travaille plus, on n’est plus. On n’est plus actif·ve. On n’est plus utile. On est un poids. Un poids pour les autres. Un poids pour la société.

Et la société a le droit de refuser ce poids. Les autres ont le droit de refuser ce poids. Chacun·e pour soi.

Et puis, il y a tellement de personnes qui profitent. Cela serait même humain, paraît-il.

Alors proposer un congé menstruel, c’est ouvrir la boîte de pandore. Toutes les femmes vont en profiter. En profiter pour ne pas travailler. Pour glander. Personnellement, moi qui n’ai que très rarement des règles douloureuses, je profiterais de ces congés. Car je préfèrerais rester chez moi à glander. Un peu comme, quand j’ai la flemme, je préfère simuler une maladie pour obtenir un arrêt de travail. Un peu comme quand je préfère rester au chômage pour glander. Vraiment ?

Ai-je vraiment une si mauvaise image de moi ? Avons-nous vraiment une si mauvaise image de nous ? Avons-nous vraiment une si mauvaise image de notre société ? Est-ce réellement « humain » de vouloir « (s’)arrêter » ? Je croyais que c’était pourtant humain d’en vouloir toujours plus ? Travailler toujours plus pour gagner toujours plus et consommer toujours plus, non ?

Est-ce qu’à l’instauration des congés payés tous les employé·es se sont mis·es à prendre tous leurs congés ? Est-ce qu’à l’instauration de l’arrêt maladie tout le monde s’est déclaré malade ? Est-ce qu’à l’instauration de l’assurance chômage tout le monde s’est arrêté de travailler ? Est-ce qu’à l’instauration du congé menstruel dans d’autres pays toutes les femmes se sont arrêtées de travailler pendant leurs règles ?

Pourquoi un monde où chacun·e est protégé·e ne serait-il pas (trop ?) souhaitable ? Pourquoi ne pouvons-nous pas vivre dans un monde où la confiance règne ? Où la surveillance et le contrôle n’auraient pas lieu d’exister ? Où la responsabilisation primerait sur l’interdiction ?

Personnellement, je me fais confiance pour ne pas m’arrêter pendant mes règles si je n’y suis pas obligée physiquement. Tout comme, si je ne suis pas malade, je me fais confiance pour aller travailler. Je vais travailler bien souvent en étant malade, d’ailleurs. Et je sais que je ne suis pas la seule. Alors, de quoi avons-nous peur ?

Préférons-nous taire nos corps ? Préférons-nous nous bourrer de médicaments ou de drogues pour s’assurer d’être toujours (plus ?) performant·es ? Être toujours bien, être toujours heureux·se, être toujours disponible ? Pouvoir tout contrôler ? Pour ne jamais s’arrêter, ne jamais ralentir, ne jamais se reposer ? Pour atteindre une constance fantasmée ? Nier nos douleurs, nier nos limites, nier nos cycles, nier notre humanité ?


Et vous, que pensez-vous du congé menstruel ? Pensez-vous que nous devrions acter ce droit ? Pensez-vous que ce droit soit discriminant, pour les hommes ou pour les femmes ou pour les deux ? Pensez-vous qu’il soit applicable ? Pensez-vous que les femmes arrêteraient toutes de travailler pendant leurs règles avec l’instauration d’un tel congé ? Vous sentez-vous concerné·e par ce congé ?

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8 Replies to “Congé menstruel, une bonne idée mais ?”

  1. Coucou
    Moi je serai complètement pour un congé menstruel (d’ailleurs c’est marrant car ça fait une semaine que je travaille sur un sujet qui en parle). A mes yeux ce n’est pas faire de la discrimination envers les hommes (à moins que les hommes aient leurs règles, ce qui serait une nouveauté) et je trouve que bons nombres de femmes souffrent pendant cette période du mois et ne travaillent pas dans de bonnes conditions qui leur permettent de pallier à cette souffrance. Alors, certes, cela dépend des femmes. Certaines n’ont aucune douleurs ou soucis pendant cette période (et tant mieux je dirais) mais je trouve qu’il serait normal et sain de reconnaître une possibilité pour un tel congé pour celles qui le souhaiteraient.
    Des bisous
    Audrey
    https://pausecafeavecaudrey.fr

    1. Coucou Audrey,

      Merci d’avoir donné ton avis à ce sujet, c’est toujours un plaisir de te lire ! Je te rejoins complètement sur ce que tu dis et j’aimerai que ce sujet soit davantage discuté et pris au sérieux. D’autant plus qu’il me semble que ce sujet pose également des questions plus larges sur notre rapport au travail et à la performance, notre gestion de la douleur, notre besoin d’être toujours en mouvement, d’aller toujours plus vite toujours plus loin, etc. Je me demande d’ailleurs si le terme de “congé” est le plus pertinent car cela renvoie souvent à “vacances” dans l’imaginaire collectif et cela explique en partie, il me semble, les réactions maladroites que l’on peut entendre quand on est en “congé maladie” (“tu glandes sur ton canap’, quoi”) ou quand on parle d’éventuel “congé menstruel” (“encore une bonne excuse pour pas travailler”). J’ai hâte de lire ton article à ce sujet 🙂

      1. Salut Camille,
        Merci pour cet article et ce débat ô combien important mais souvent relégué au quatrième plan 🙏. J’aurai beaucoup de choses à dire sur ce sujet, mais ne suis pas sûre de me souvenir de tout ! Beaucoup de choses que tu as dites sont très justes et tu souleves énormément de points qui mériteraient un article entier en eux mêmes. Tu écris (et questionnes le concept) “c’est le présentéisme qui est gage de notre travail”, qui est très lié selon moi à cette question du congé menstruel, et lié plus généralement à notre rythme. N’étant ni efficace après le déjeuner (ayant une digestion hyper energivore), ni le tout premier jour de mes règles (crampes et nausées, les médicaments me permettant de me tenir debout pour aller chercher ma bouillotte), toutefois je fais bonne figure en me présentant à mon lieu de travail. On le sait toutes et tous, ces moments là sont contre productifs, je ne travaille pas correctement et ne me repose pas non plus (une micro sieste pour regagner en efficacité et fluidité pour la suite!). Tu le soulignes également, ce n’est clairement pas une partie de plaisir nos journées menstruelles et je les échangerais volontiers avec mes collaborateurs à pénis 😉. Je ne vois pas de discrimination dans le sens où à la base nos corps sont différents, c’est donc plutôt dans un souci d’équité (n’est ce pas une discrimination d’être traitée de la même façon avec des corps différents?). Or effectivement, même entre femmes nous ne sommes pas sur un pied d’égalité. Bref encore une fois, ce sujet soulève beaucoup de questionnements. Pour moi, le véritable problème réside dans le regard de la société. Si on commence à parler de nos règles plus librement, sans tabou et comme le phénomène naturel qu’il est (au lieu de dire “j’me sens malade” mais “j’ai mes règles” dans tout cercle social qui soit), petit à petit je suis convaincue que ces débats s’imposeront d’eux mêmes. Et ce type d’articles y contribue, merci Camille ! 😁

        1. Salut Blandine,

          C’est super intéressant ce que tu écris ! Je te rejoins totalement sur le souci d’équité, je n’aurai pas mieux formulé. Pendant longtemps, j’étais “obsédée” par le principe d’égalité (et n’est-ce d’ailleurs pas ce que l’on nous répète depuis tout·e petit·e : “liberté, égalité, faternité” ?). Alors qu’aujourd’hui je lui préfère le concept d’équité.
          Je reviendrai sûrement sur les questions liées au présentéisme, je pense comme toi qu’il serait important de changer notre culture à ce sujet (et j’ai l’impression que cela commence à changer d’ailleurs) car cela est source d’inconfort voire de souffrance tout en étant totalement contre-productif.

          Ps: gros bisous d’une nana à digestion hyper énergivore à une autre 😉

  2. Coucou ! Très bon article ! Il se trouve que ce sujet me’parle énormément en ce moment, car les règles sont de plus en plus douloureuses et insupportables…. Pour moi travailler en ayant mes règles me demande bcp d’efforts et d’énergie et pour me remettre après c’est difficile… Comme tu m’as dit dans ton article il y aura toujours un mais et c’est le système entier qu’il faudrait revoir : la société n’est absolument pas adaptée aux femmes, il faudrait mettre en place un emploi du temps plus souple pour nous permettre d’adapter notre travail à nos propres capacités physiques et mentales du jour… Ps : il se trouve qu’en ce moment je me filmé tous les jours pour parler de mon cycle et je ferai une vidéo à la fin pour montrer dans quel état physique et mental on peut se Troy er selon les période du cycle, je ne suis qu’à j10 et je trouve que c’est déjà fou toutes les humeurs par lesquels je suis passées et les douleurs que j ai ressenti physiquement…

    1. Coucou Olivia,

      Ca me révolte tellement de te lire ! Oui, oui, OUI il faudrait revoir le système et l’adapter, c’est une honte de devoir travailler dans de telles conditions ! Jusqu’où doit-on souffrir ? Jusqu’où doit-on dépenser toute notre énergie ? Jusqu’où notre bien être et notre santé doivent-ils être sacrifiés sur l’autel de la productivité ? Courage à toi et bravo de te filmer tous les jours pour parler de ton cycle ✊j’ai hâte de visionner ton témoignage !

  3. Coucou Camille,
    Je trouverais ça bien de pouvoir donner un congé menstruel aux femmes en souffrance, il y en a tant qui bossent dans de mauvaises conditions, shootées aux médicaments – avec effets secondaires – pour tenir le coup et mener un semblant de vie “normale”. Faut juste que chacun se fasse confiance pour qu’il n’y ait pas d’abus, c’est sans doute là le plus difficile et c’est à chaque femme de voir avec sa conscience – si cette mesure arrivait. Après c’est vrai que le terme congé est compliqué, il ne donne pas l’impression que la personne en est vrac et pas apte à travailler mais plutôt sur la plage les doigts de pieds en éventail…
    Un article bien intéressant en tout cas 🙂

    1. Coucou Serena,

      Je suis totalement d’accord avec toi, le terme “congé” ne me semble pas le plus adapté tant il renvoie à l’idée de “doigts de pieds en éventail”, comme tu le dis si bien ! C’est triste d’en être réduit·e à se bourrer de médicaments et j’espère que les choses vont changer. Contente de lire que tu as trouvé l’article intéressant 🙂

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